Le groupe allemand compte conquérir à long terme le marché maghrébin et africain :

Linde prend 66 % de l’ENGI

par S.B., Le Jeune Indépendant, 19 juin 2007

La firme allemande Linde est devenue hier l’actionnaire majoritaire dans l’Entreprise nationale des gaz industriels (ENGI) dont elle a officiellement racheté 66 % du capital. Le contrat de cession des deux tiers de l’ENGI à l’entreprise allemande dans le cadre du programme de privatisation a été signé hier à Alger.

En vertu de cet accord, une nouvelle société de droit privé algérien, dans laquelle l’Etat algérien détiendra 34 % des parts, sera créée et dirigée par un responsable allemand. Linde a annoncé qu’avec un investissement de 80 millions d’euros, la nouvelle société lancera deux unités de gaz de l’air ainsi qu’une unité de gaz carbonique et d’oxyde de méthylène.

A travers cette acquisition qui fait suite à deux années de négociations, Linde se renforce sur le marché algérien et s’ouvre les portes du marché maghrébin et africain, une ambition que les responsables de cette compagnie n’ont pas cachée lors de leur visite en Algérie dans le cadre d’un forum d’affaires algéro-allemand.

Mais en attendant, il s’agira pour la compagnie allemande de se déployer et de se renforcer en Algérie où elle pourra bénéficier des différentes infrastructures et installations de la société algérienne qui seront réhabilités avec, en prime, l’introduction de la nouvelle technologie, des techniques modernes et de nouvelles méthodes de gestion susceptibles de développer et de diversifier la production.

Ce n’est pas l’entrée dans le capital de l’ENGI qui permettra à Linde de s’installer en Algérie, puisque le groupe allemand était déjà présent après avoir conclu, en 2002, deux joint-ventures dont l’une avec l’ENGI à Hassi Messaoud pour la production de gaz industriel et l’autre avec Sonatrach pour un projet de production d’hélium et d’azote où elle a investi 85 millions d’euros.

Soulignons que l’activité de production des gaz industriels fut introduite en Algérie par la société française Air Liquide durant la période coloniale, mais après le rachat de cette dernière par l’Etat algérien, l’activité fut reprise par la Société nationale de sidérurgie (SNS) au sein d’une division gaz industriel.

De trois unités (Oran, Ouargla et Alger), héritées d’Air Liquide, la SNS porta le potentiel de production à sept unités, avec la création de quatre nouveaux sites régionaux à Réghaïa, à Annaba, à Constantine et à Arzew. La restructuration organique de la SNS en 1983 donna naissance à l’actuelle entreprise nationale de production et de distribution des Gaz Industriels (GI) dont la transformation en société par actions (SPA) date du 11 février 1989 avec un capital de 30 000 000 dinars réparti entre les ex-fonds de participations des biens d’équipements (30 %), des mines (30 %) et de la chimie-pétrochimie-pharmacie (40 %).

En 1996, suite à la dissolution des fonds de participation, toutes les actions émises par GI (15 200 actions de valeur nominale de 30 000 dinars chacune furent transférées à l’actuel holding chimie-pharmacie-services, qui est l’unique actionnaire).

Selon le World Trade Center algérien, Air Liquide, qui n’a pu entrer dans le capital de l’ENGI, reviendrait en Algérie grâce à une nouvelle société de droit privé algérien créée en partenariat. S. B.

 
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