Une source proche du ministère de la défense

«L’ANP présente à In Salah avant le mouvement de protestation»

El Watan, 10 mars 2015

Aucun nouveau dispositif militaire n’a été déployé en raison des événements d’In Salah. Le déplacement du chef de la 6e Région militaire sur les lieux fait suite aux dérapages qui ont eu lieu lors des échauffourées entre les manifestants et les gendarmes.

L’armée n’a pas envoyé de troupes à In Salah, ou ailleurs. Le dispositif mis en place dans cette ville existait bien avant les événements.»
C’est ce qu’a déclaré une source proche du ministère de la Défense, pour répondre aux «spéculations» relatives à l’arrivée de renforts militaires à In Salah, après la montée en cadence de la contestation populaire contre l’exploitation du gaz de schiste dans cette région.

Notre interlocuteur revient sur les événements et la visite du commandant de la 6e Région militaire, à In Salah, en disant que celle-ci a été effectuée en raison des «dérapages» qui ont lieu lors des affrontements entre les manifestants et les éléments de la Gendarmerie nationale : «Le responsable s’est d’abord entretenu avec les notables de la ville et les représentants des manifestants.

Il y a eu une longue discussion sur les dangers du recours aux actes de violence ou de dégradation des infrastructures publiques, dont les conséquences peuvent être très lourdes pour la région. Brûler des équipements publics peut avoir de graves conséquences sur la vie quotidienne des habitants de la région.» A en croire notre source, la visite du premier responsable de la 6e Région militaire à In Salah «répond à un souci strictement sécuritaire».

Préserver l’ordre public

Lors de la rencontre avec la population, souligne-t-elle, «la discussion portait sur les conséquences des actes de violence. Il n’était nullement question d’exprimer un avis pour ou contre la manifestation. Ce qui était mis en avant c’était la nécessité de préserver l’ordre public».
Notre interlocuteur précise par ailleurs que le commandant de la 6e Région a également rencontré l’ensemble des responsables des services de sécurité. «Des consignes très strictes ont été données afin d’éviter tout dérapage.

A In Salah, la mission de maintien de l’ordre, faut-il le rappeler, relève des prérogatives de la Gendarmerie nationale, un corps qui dépend du ministère de la Défense. De plus, sachez que les exploitations pétrolières et gazières sont sous la responsabilité de l’armée. Le dispositif mis en place dans le cadre de cette mission a été renforcé après l’attaque de Tiguentourine, à In Amenas. C’est pour vous dire que la présence de l’armée dans cette région n’est pas du tout liée aux manifestations», note notre interlocuteur.

Déploiement d’unités de l’anp à bellara

A propos du déploiement d’unités de l’ANP à Bellara, à Jijel, la réponse de notre source est catégorique : «Vous savez très bien que dans cette région il y a encore quelques groupes terroristes qui sporadiquement commettent des attentats. Leurs capacités de nuisance ont été amoindries.

Mais pour empêcher toute attaque, le dispositif n’a pas été levé. Il a été renforcé, à la demande des autorités, en raison de la visite officielle à la nouvelle usine algéro-qatarie de métallurgie, située à Bellara. Il est normal que l’armée prenne les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de ce site stratégique mais aussi tout l’itinéraire que les officiels vont emprunter. Ce dispositif a été mis en place avant l’arrivée de la délégation.»

Pour notre source, les «informations», rapportées ici et là, «n’ont aucune relation avec la réalité», en concluant : «On veut à tout prix donner l’impression que l’armée s’implique dans une mission qui n’est pas sienne.» Pourquoi le ministère ne réagit-il pas de manière officielle, afin de lever toute équivoque ? «Peut être que ce n’est pas encore le moment», répond notre source.
Salima Tlemçani

 
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Non au gaz de schiste  
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