Farid Bedjaoui, symbole de la corruption dans les grands projets

Zahra Rahmouni, TSA, 24 mars 2015

Farid Bedjaoui, 45 ans, voit son nom cité dans la majorité des scandales qui entachent les grands projets lancés durant ces dix dernières années en Algérie.

L’affaire Sonatrach

Selon les justices italienne et algérienne, Farid Bedjaoui aurait servi d’intermédiaire entre la compagnie pétrolière nationale et l’italienne Saipem. En 2007, le « Golden Boy » algérien signe une convention qui engage la société italienne à lui reverser 3% sur ses contrats signés en Algérie. Dès lors, Bedjaoui va s’efforcer de faire jouer ses réseaux pour que Saipem gagne un maximum de contrats sur le sol algérien.

Entre 2007 et 2010, sa société, Pearl Partners Ltd, basée à Hong Kong enregistre des montants atteignant 197 millions, selon la justice italienne. Une partie de ces fonds est ensuite distribuée aux différents protagonistes.

Afin d’y voir plus clair dans ces financements occultes impliquant une société italienne, le parquet de Milan lance en juillet 2013 un mandat d’arrêt international à l’encontre de Bedjaoui. C’est seulement suite à ces actions menées par l’Italie et rapportées par la presse algérienne qu’Alger se décide à réagir. En août 2013, un mandat d’arrêt international est alors lancé par le parquet d’Alger contre Farid Bedjaoui et Chekib Khalil entre autres. Cités en tant que témoins lors du procès de la Sonatrach qui s’est ouvert le 15 mars dernier (et reporté depuis), ni Bedjaoui, ni Khelil, ne se sont présentés.

Plusieurs mandats d’arrêt internationaux

Traqué par les justices italienne et algérienne et faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par Interpol pour « association de malfaiteurs finalisée à la corruption », le quadragénaire reste toujours introuvable. On le croit réfugié à Dubaï, quand d’autres assurent qu’il se trouve au Mexique, voire à Londres.

Pourtant, au-delà de l’affaire Sonatrach, Bedjaoui trempe dans plusieurs autres scandales. Il y a notamment le cas de SNC-Lavalin. La firme d’ingénierie canadienne a obtenu des contrats en Algérie en échange du versement de pots-de-vin à l’intermédiaire algérien. Puis, Bedjaoui est aussi cité dans le scandale de l’autoroute Est-Ouest dont le procès commence demain. Le super projet lui aurait permis d’empocher des centaines de millions d’euros en facilitant l’octroi du contrat aux chinois de Citic-CRCC contre une commission de 1,25%.

Bedjaoui mène grand train, l’étau se resserre en Europe

Malgré toutes ces affaires, la discrétion ne semble pas être une priorité pour l’homme de 45 ans en possession de trois nationalités (algérienne, canadienne et française). Plutôt extravagant, le neveu de Mohamed Bedjaoui, ancien ministre des Affaires étrangères, également cité dans l’affaire Sonatrach, dépense allégrement l’argent amassé à travers ses différentes activités.

Une résidence de 20 millions de dollars en plein Manhattan (New-York, États-Unis), un yacht acheté à Dubaï pour le montant de 25 millions d’euros, un jet privé et un parc immobilier conséquent à Montréal ainsi qu’un palais à Dubaï, pour ne citer que ça.

L’homme est toujours en liberté mais la justice italienne est bien décidée à lui mettre la main dessus. En Europe, en tout cas, l’étau se resserre autour de ce personnage controversé. Ces derniers mois, la justice française a saisi plusieurs biens lui appartenant et à procédé au gel de ses avoirs. Suspecté de blanchiment d’argent, Bedjaoui est visé par une information judiciaire ouverte en décembre 2014 par le parquet national financier français.

 
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