Affaire Saipem-Sonatrach : 7 dirigeants d’ENI et de Saipem devant le tribunal le 13 mai prochain

El Watan, 1 mars 2015

Les anciens responsables du géant pétrolier italien ENI et sa filiale Saipem seront déférés, le 13 mai prochain, devant le tribunal de Milan, en Italie, pour des faits de corruption liés aux activités de l’entreprise en Algérie.

C’est ce qu’a révélé, hier, le journal italien Republica, qui ajoute que le même tribunal, et durant la même audience, décidera de la date du procès de l’ancien patron d’ENI, Paolo Scaroni, qui avait permis aux juges des enquêtes préliminaires pour reconstituer les faits de cette importante affaire de corruption dans laquelle sont impliqués non seulement les cadres dirigeants d’ENI, mais aussi des responsables algériens qui, faut-il le préciser, ne sont pas concernés par le procès. Paolo Scaroni avait évoqué une somme de 198 millions de dollars, versée en Algérie par Saipem, en contrepartie de l’obtention de marchés dans le domaine de l’énergie, d’un montant de 8 milliards d’euros, durant la période comprise entre 2007 et 2010.

Cette somme obtenue par l’entremise de Farid Bedjaoui, conseiller financier attitré de l’ex-ministre de l’Energie, Chakib Khelil, avait transité par plusieurs comptes, domiciliés, entre autres, au Luxembourg, en Suisse, au Liban et à Hong Kong. En janvier 2015, le juge milanais avait clôturé ses investigations contre Scaroni, qui s’est vu éloigné du procès du 13 mai pour services rendus. Son sort sera connu lors de l’ouverture de cette audience.

Du côté algérien, alors que l’affaire Sonatrach 1 sera jugée le 15 mars prochain, celle de loin la plus importante et aux implications beaucoup plus larges, semble être au point mort. Selon quelques indiscrétions, le magistrat attend toujours le retour des commissions rogatoires délivrées à plusieurs pays, dont la Suisse, où Chakib Khelil, qui détient cinq comptes, s’est opposé au transfert en Algérie des données sur ses cinq comptes, ainsi que ceux de ses deux enfants, soupçonnés d’avoir été alimentés par la société de Farid Bedjaoui, qui avait joué le rôle d’intermédiaire entre Saipem et Sonatrach.


Salima Tlemçani


 
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Corruption  
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