Après Sonatrach I, la cour d’Alger face à l’affaire de l’autoroute est-ouest

23 accusés et sept sociétés étrangères au banc des accusés

Le Soir d'Algérie, 17 mars 2015

A moins de dix jours, soit le 25 du mois en cours, le tribunal criminel près la cour d’Alger sera de nouveau au centre d’intérêt médiatique. Il s’agit du jugement de l’affaire de l’autoroute Est – Ouest, où 23 personnes doivent répondre des chefs d’inculpation «d’abus de pouvoir, de corruption, de blanchiment d’argent et de dilapidation de deniers publics».
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Après l’affaire Sonatrach1, dont le procès a été reporté à la prochaine session criminelle, la justice algérienne aura à traiter prochainement une autre affaire. Une affaire dont les retombées judiciaire et médiatique seront sans aucun doute au centre de l’intérêt de l’opinion publique.
En effet, l’affaire renvoyée devant le tribunal criminel en janvier dernier suite à l’ordonnance de renvoi de la Cour suprême avait occupé, durant au moins trois années, les devants de la scène médiatique nationale et internationale. Les pourvois en cassation introduits par les différentes parties auprès de la Cour suprême font suite, faut-il le rappeler, au verdict de la chambre d'accusation près la cour d'Alger en date de novembre 2011.
Des verdicts qui ont contraint aussi bien la défense que l'accusation à se pourvoir devant la Cour suprême. Par ailleurs, outre le renvoi du dossier devant le tribunal criminel, la chambre d'accusation a signifié une fin de non-recevoir aux demandes formulées par la défense, concernant la levée du contrôle judiciaire et la liberté provisoire pour les mis en cause.
La chambre d'accusation a également retenu à l'encontre de certains accusés des chefs d'inculpation relevant de la correctionnelle mais dont le jugement est conditionné par la procédure judiciaire régissant la Cour d'assises. Cette dernière devra juger des accusés dans cette affaire pour «association de malfaiteurs», «trafic d'influence», «abus d'autorité», «corruption» et «blanchiment d'argent». Cela dit, selon l’arrêt de renvoi, ils sont 23 personnes qui travaillaient majoritairement au ministère des Travaux publics et chez des consortiums étrangers concernées par cette affaire et devront répondre de plusieurs chefs d’accusation liés à la corruption.
Parmi les consortiums mis en cause, figurent sept compagnies étrangères (chinoise, suisse, japonaise, portugaise, canadienne) poursuivies notamment pour les griefs «d’association de malfaiteurs, d’abus de pouvoir, de corruption, de blanchiment d’argent et de dilapidation de deniers publics», selon le rôle complémentaire de la deuxième session criminelle de 2014. Pour rappel, l’affaire avait éclaté suite à une plainte déposée par le ministère des Travaux publics contre l’ancien directeur des nouveaux projets à l’Agence nationale des autoroutes (ANA), après «découverte de pots-de-vin versés par des compagnies étrangères à certains responsables du ministère en vue d’obtenir ce marché».
Plusieurs infractions ont été enregistrées dans le cadre du projet de l’autoroute Est-Ouest d’un coût de 6 milliards de dollars, attribué en 2006 au groupe chinois «CITIC-CRCC». Le projet s’étend sur 1 700 km, avec un coût de 8 millions d’euros par kilomètre.
L’affaire avait fait couler beaucoup d’encre. Son procès prévu ce 25 mars sera sans aucun doute riche comme celui de Sonatrach1, en «rebondissements».
A. B.

 
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