Dernier rapport de la Cnuced sur les IDE

L’Algérie classée huitième en Afrique

Par :Badreddine Khris, Liberté, 27 septembre 2008

Elle a drainé 1,6 milliard de dollars d’IDE en 2007, contre 11,6 milliards de dollars pour l’Égypte, 2,6 milliards de dollars pour le Maroc.

L’Algérie est classée huitième pays destinataire des Investissements directs étrangers (IDE) sur le continent africain pour la période cumulée 2006-2007. Notre pays a enregistré un montant de près de 1,6 milliard de dollars d’IDE en 2007. La valeur des IDE attirés en 2006 a été estimée à près de 1,8 milliard de dollars. Pour la période 2006-2007, ce montant cumulé a atteint ainsi 3,4 milliards de dollars. C’est ce que révèle la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) dans son rapport sur l’investissement dans le monde 2008, publié mercredi dernier sur son site internet. Le classement établi par la Cnuced sur 10 pays à l’échelle africaine indique que l’Algérie est devancée, en termes de valeur des investissements étrangers, par le Nigeria qui a pu attirer l’équivalent de 12,5 milliards de dollars en 2007. Il est suivi de l’Égypte avec un total de 11,6 milliards de dollars, l’Afrique du Sud qui a engrangé une enveloppe de 5,7 milliards de dollars et le Maroc, dont les IDE ont été évalués à près de 2,6 milliards de dollars. Viennent ensuite la Libye et le Soudan qui ont enregistré respectivement 2,5 milliards de dollars et 2,4 milliards de dollars. La Cnuced mentionne qu’en 2007, les IDE en Afrique sont donc restés concentrés sur le plan géographique au niveau de 10 pays dont l’Algérie. Ce groupe a, à lui seul, absorbé 82% du total des investissements, et dont le montant annuel par pays est supérieur ou égal à un milliard de dollars. La valeur globale des IDE à travers toute l’Afrique est, selon le rapport, de l’ordre de 53 milliards de dollars en 2007. Ce qui est considéré comme étant un niveau record. Depuis deux ans, note le document de la Cnuced, la région enregistre un taux de rentabilité des IDE supérieur aux autres régions en développement. Les plus grands producteurs de ressources naturelles tels que l’Algérie, la Jamahiriya arabe libyenne, le Nigeria et l’Afrique du Sud ont accueilli plus des trois quarts des entrées totales. La hausse récente des entrées d’IDE en Afrique, en particulier pendant la période 2001-2007, était due, souligne le rapport, à la fois à la hausse des prix des produits de base et à un climat plus favorable à l’investissement. La révision des cadres juridiques concernant l’IDE y a contribué, notamment les modifications apportées à la réglementation de l’exploitation des ressources naturelles. L’Afrique du Nord a attiré 42% des IDE dans la région, et l’Afrique subsaharienne 58%. Du fait de l’explosion des prix des produits de base, la rentabilité des IDE a bondi de 31% en 2007 et le taux de rendement des investissements a été plus élevé en Afrique que dans les autres régions en développement, aussi bien en 2006 qu’en 2007. Une grande partie des IDE en 2007 a concerné le développement de projets d’exploitation de ressources naturelles, financé pour partie par le réinvestissement des bénéfices dont la part dans le total des IDE a atteint 28%. Les investissements étrangers dans l’exploitation des ressources naturelles ont contribué à une accélération de la croissance des exportations des principaux pays producteurs. Les réserves de change de la région ont augmenté d’environ 36% en 2007, voire plus encore dans certains grands pays exportateurs de pétrole comme l’Algérie, le Nigeria et la Libye. La Cnuced relève néanmoins qu’en dépit de ces augmentations, la part de l’Afrique s’est maintenue aux environs de 3% du montant total des IDE dans le monde entre 2000 et 2006, dont 2,7% en 2006. Il faut noter que les principaux investisseurs sur le continent ont été les sociétés transnationales (STN) américaines et européennes, suivies des investisseurs africains, en particulier d’Afrique du Sud. Les STN asiatiques se sont principalement intéressées à l’exploitation du pétrole et du gaz et aux infrastructures. Selon les prévisions de la Cnuced, les perspectives d’une nouvelle hausse des IDE en 2008 sont encourageantes compte tenu de la persistance des prix élevés des produits de base, des grands projets déjà annoncés pour l’année en cours, et des paiements à venir liés aux opérations passées de fusions et acquisitions transfrontalières. Ainsi, avance-t-elle, les IDE en Afrique pourraient augmenter pour la quatrième année consécutive notant que, pratiquement, toutes les STN envisagent de maintenir ou d’accroître leurs investissements dans la région.

Badreddine KHRIS

Investissements
Les nouvelles règles du jeu
Par :Khaled R.

Le communiqué rendu public à l’issue de l’audition consacrée au secteur de l’industrie ne fait aucune allusion aux privatisations.

Dans la foulée de ses critiques sur l’impact des investissements étrangers et des privatisations sur l’économie nationale, le chef de l’État, au cours de l’audition consacrée au secteur de l’industrie, tenue mercredi dernier, a posé les nouvelles règles générales en matière d’engagements des opérateurs nationaux et étrangers dans le pays. Le principe de sélectivité est mis en avant. “Les investisseurs potentiels devront à l’avenir tenir compte du plan national de développement économique et des besoins de création d’emplois du pays. Le principe d’équilibre régional compte également.”
En ce sens, le chef de l’État a ajouté que le régime des avantages accordés aux investissements doit servir de levier incitatif à l’orientation des capitaux vers les projets et les régions que nous entendons promouvoir. “Le gouvernement doit entamer l’élaboration de listes flexibles pour les secteurs d’activités désormais saturés.” De façon plus précise, les engagements des investisseurs nationaux et étrangers doivent “coller” à l’objectif de l’état de relance de l’appareil de production et de maintien d’une croissance durable.
Dans ce contexte, la mise à niveau des entreprises de production devient une priorité. La modernisation de l’outil de production appelle à des partenariats avec des entreprises possédant un savoir-faire avéré, suggère le communiqué rendu public, à l’issue de l’audition. En ce sens, les ouvertures de capital des entreprises publiques concernées s’effectueront au profit des firmes étrangères présentant ces critères et des investisseurs privés locaux.
Concernant le foncier, c’est la concession qui est privilégiée. L’Aniref dispose déjà d’un portefeuille de terrains d’assiette aux projets d’investissements assez conséquent, contribuant à faciliter l’accès des opérateurs au foncier. Ce régime est cependant contesté par le patronat qui y voit une source de spéculation à travers des offres aux enchères, rendant prohibitif le mètre carré pour les véritables investisseurs. Le texte fait état d’une augmentation des projets déclarés : 11 497, soit deux fois plus qu’en 2006. Mais il ne fournit aucun détail sur la qualité de ces investissements, ni du nombre d’emplois prévisionnels à créer. De même, le texte ne fait aucune allusion au bilan des privatisations. Les informations restent tronquées.

K. R.

 


Réserves de change

L’Algérie touchée par la crise financière mondiale

Par :Rubrique Economie

Les obligations d’État américaines, les bons du Trésor, pourraient être, selon certains analystes, la prochaine bulle à éclater sur les marchés financiers si la confiance dans la capacité des États-Unis à rembourser leur immense dette était mise en doute. Sur les marchés où s’échange la dette américaine, les prix n’ont pas cessé de grimper depuis le début de l’année et les rendements de chuter, indique l’AFP, alors même que l’inflation, ennemie traditionnelle des marchés obligataires, est au plus haut. En émettant ses titres de dette, l’État a pu offrir des taux d’intérêt de plus en plus faibles. Certains investisseurs ont même accepté un taux d’intérêt nul lors d’une adjudication de bons à 35 jours le 17 septembre.
Le Trésor exploite le filon, puisqu’il devait porter vendredi à 300 milliards de dollars les sommes levées sur les marchés depuis le 17 septembre, dans le cadre d’un programme sur mesure pour aider la Réserve fédérale. Jeudi passé, il a distribué 24 milliards de dollars de bons à cinq ans lors d’une adjudication mensuelle, un montant jamais vu depuis une adjudication trimestrielle remontant à 2003, selon John Jansen, spécialiste du marché obligataire et ancien de la Réserve fédérale de New York.
La demande était pourtant près de deux fois plus forte, à 45,8 milliards de dollars. Le mouvement vers les bons du Trésor est traditionnellement qualifié de “fuite vers la qualité”. Qualité car le Trésor américain est supposé avoir une telle assiette fiscale qu’il pourra toujours tout rembourser, et le dollar est supposé être une valeur sûre. Mais la tendance récente peut-elle se poursuivre ? “Il y a une bulle sur les bons du Trésor. On voit des taux réels (tenant compte de l’inflation, ndlr) nuls ou négatifs. Des taux qui sont absurdement bas. Une fois que la peur aura disparu, ces taux vont grimper”, selon l’économiste indépendant Joel Naroff. Comme les réserves de change de l’Algérie dépassent les 133 milliards de dollars et sont en partie placées en bons du Trésor américain, dont le rendement est bas actuellement, l’Algérie est donc touchée de plein fouet par la crise financière mondiale.

R. E.

   
www.algeria-watch.org