Climat des affaires: Les chefs d'entreprises mécontents

par Z. Mehdaoui, Le Quotidien d'Oran, 12 mai 2018

Une enquête réalisée par le Cercle d'action et de réflexion autour de l'entreprise (CARE) révèle que le climat des affaires reste encore défavorable en Algérie, en dépit de toutes les actions entreprises par le gouvernement ces dernières années. Les actions du gouvernement et leurs impacts sur les entreprises sont jugées très insuffisantes par les chefs d'entreprises.

Avec une note 5,5/20, cet indicateur enregistre le plus bas score sur l'ensemble des axes et la gouvernance de l'Etat est perçue comme faible. C'est ce qui ressort du premier rapport dont nous détenons une copie et élaboré par le CARE sur le climat des affaires.

Ce rapport résulte de l'enquête que le CARE a menée auprès des chefs d'entreprises, tournant autour de cinq axes. Il s'agit de la gouvernance et les actions de l'Etat, la compétitivité des entreprises, le financement, la fiscalité et la parafiscalité et le capital humain.

Le même rapport précise que les décisions discrétionnaires qui ont trait à la gestion économique du pays sont prises sans concertation et par voie de décret, ce qui alimente ce ressentiment de la communauté algérienne des affaires.

L'enquête du CARE lancée le 1er trimestre 2018 a été clôturée le 22 avril 2018.

Du point de vue des chefs d'entreprises, précise-t-on dans ce rapport, l'offre de financement reste en dessous de leurs attentes, avec un score de 7,5/20, traduisant un frein à la croissance et au développement des entreprises.

L'absence de compétitivité dans le secteur financier avec une dominance des banques publiques et le retard de modernisation du secteur bancaire, expliquent en partie cela. Le financement par le biais de la bourse d'Alger reste à l'état embryonnaire, selon le rapport.

Par ailleurs, les chefs d'entreprises considèrent que la pression fiscale et parafiscale est importante, ce qui explique la note de 6,8/20.

La note de 7,0/20 attribuée par les chefs d'entreprises au volet ressources humaines confirme que les compétences et les talents recherchés sont très en dessous de leurs attentes en qualité et en nombre.

Cette appréciation de la part des chefs d'entreprises pose des questions sur la capacité des institutions de formation à fournir les ressources humaines qualifiées en qualité et en nombre.

Le CARE tient à préciser que près de 250 chefs d'entreprises sur le territoire national ont été interrogés sur la base d'un questionnaire en arabe et en français via internet, SMS et téléphone.

 
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