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Couverture

La création des milices par le pouvoir a constitué un tournant dans la tragédie algérienne. La distribution d'armes à une certaine catégorie de civils - et donc la privatisation de la guerre - a eu non seulement pour but de soulager l'armée, mais surtout de transformer un conflit entre un régime honni et une partie de la population en une véritable guerre civile entre Algériens... Ces milices sont mises en place plus particulièrement dans les zones rurales, isolées et pratiquement abandonnées par l'État. Elles permettront ainsi à l'armée et aux différents corps de sécurité de se consacrer plus efficacement à l'Algérie «utile», laissant villages, douars et mechtas, soit l'Algérie «inutile», aux mains de ces bandes armées. Par cette décision grave et irresponsable, la haute hiérarchie militaire opéra dans l'Algérie rurale un véritable transfert de pouvoir de l'État à ces supplétifs sans contrôle...

Salah-Eddine Sidhoum et Algeria-Watch

Dirigeant du bureau de la Ligue Algérienne des Droits de l'Homme - la LADDH - à Relizane, Mohammed Smaïn a mené de nombreuses enquêtes pour situer la responsabilité du pouvoir et des groupes armés islamistes, dans les disparitions forcées. La lutte antiterroriste menée par le pouvoir est en contradiction avec l'état de droit, la démocratie, les droits de l'Homme. Ne pas condamner les assassinats des civils par les groupes armés islamistes serait criminel. Mais ne pas dénoncer et condamner les enlèvements suivis de disparitions de civils serait intolérable, et l'intolérable ne peut être toléré...

Quel que soit l'habillage dont on a voulu parer la violence du pouvoir, elle est criminelle. La création d'une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur les disparus est nécessaire...

Les conditions politiques et juridiques ne sont pas réunies en Algérie pour juger les commanditaires des crimes contre l'humanité qui sont au sommet de l'État, bénéficiant de l'impunité du fait de leur prééminence au sein du pouvoir, qui les absout de tous les crimes. La justice internationale en marche permet de juger les tortionnaires impunis dans leurs pays.

Ali-Yahia Abdenour.

 
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