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Point de Presse Genève, le 23 juin 2000 Organisé par les Editions Hoggar, basées à Genève, et le Centre for Maghreb Studies, basé à Londres, un colloque s'est tenu les 21 et 22 juin 2000 à Genève sur le thème des " dimensions réelles de la crise algérienne ". Etaient présents au colloque plusieurs universitaires, militants des droits de l'homme et personnalités politiques, dont : Lahouari Addi, Abdenour Ali-Yahia, Larbi Allili, Abbas Aroua, Rachid Benaissa, Mahmoud Bouzouzou, Anna Bozzo, Mustapha Brahami, Abdelhamid Brahimi, Carmela Buhler, El Hadi Chalabi, Mourad Dhina, Pierre Guillard, Mustapha Habes, Louisa Hanoune, Ali Haouchine, Mohamed Harbi, Jeanne Kervyn, Rachid Mesli, Youcef Nedjadi, Ahmed Rouadjia, Jean Spielmann, Fatiha Talahite, Hocine Zehouane, Mohamed-Larbi Zitout. Treize communications ont été présentées lors des deux soirées de ce colloque qui a été présidé par Me Abdenour Ali Yahia. A l'issue du colloque, une déclaration commune a été rendue publique. Nous en publions ci-après le texte et la liste initiale de ses signataires. Les actes du colloque seront publiés prochainement. Déclaration de Genève L'Algérie continue d'être le théâtre d'une violence qui dure depuis près de dix ans sans qu'aucun espoir ne soit en vue pour y mettre fin. Ladite concorde civile, décidée dans le secret, a échoué au vu du nombre de morts que rapporte la presse quotidienne. Cet échec était prévisible dans la mesure où a été ignoré le caractère politique du conflit dont le bilan ne cesse de s'alourdir en termes du nombre de victimes, de veuves, d'orphelins. nourrissant les désirs de vengeance faisant de la violence un instrument et une fin en soi. Il est impératif de sortir de cette situation qui hypothèque l'avenir de plusieurs générations et qui risque de durer plusieurs années encore, confortant une dynamique d'exclusion sociale et produisant une paupérisation explosive et alarmante. Cette situation a non seulement provoqué une grave détérioration de l'économie mais elle est en train de faire rater à l'Algérie des échéances nationales et internationales décisives. Si elle perdure, elle risque de déboucher sur une perte irréversible de l'autonomie de décision dans tous les secteurs par rapport à l'extérieur. Nous, universitaires, militants de droits de l'homme et personnalités politiques de divers horizons, réunis Genève les 21 et 22 juin 2000 a l'occasion du colloque "Les dimensions réelles de la crise algérienne", attirons l'attention sur la nécessaire prise de conscience chez chaque Algérien, lui demandant de puiser dans ses ressources patriotiques pour contribuer, de quelque manière que ce soit, à la fin de la crise violente et de mobiliser toutes les énergies pour lui trouver une solution juste et durable. Nous appelons à l'abandon de l'unanimisme, du pluralisme de façade et de la diabolisation mutuelle de l'adversaire et de leur corollaire, la gestion clientéliste et policière du champ politique. Rétablir le dialogue entre Algériens et construire une véritable réconciliation nationale, dans la transparence, respectueuse des opinions politiques et idéologiques des uns et des autres, passe par le devoir de mémoire, de vérité et de justice. A cet effet, les institutions de l'Etat doivent être le seul vecteur de l'autorité publique incarnée par un pouvoir civil issu d'élections fiables, crédibles et internationalement reconnues, étant entendu que la souveraineté populaire est la seule source de légitimité. Depuis longtemps vidé de son contenu politico-juridique, l'Etat est aujourd'hui soumis à l'emprise de la hiérarchie militaire qui monopolise les leviers de l'autorité, ce qui empêche l'Algérie d'être un Etat de droit et ce qui entrave la transition démocratique. Le niveau d'affrontements, très élevé dans la société, est la conséquence de la privatisation des institutions et de leur détournement par rapport à leurs objectifs proclamés. Ce niveau d'affrontements traduit une revendication d'Etat de droit qui n'a pas été satisfaite après quatre décennies d'indépendance. La régulation institutionnelle des conflits exige de renoncer à la violence car l'existence d'une société viable se juge à l'aune du respect de la vie humaine et de la dignité de la personne qui doivent être au-dessus de tout projet ou ambition de pouvoir. La sortie de crise est encore possible pour peu qu'un consensus entre toutes les sensibilités politiques sans exclusion aucune se dessine autour de quatre grands principes non négociables : respect de l'alternance électorale, liberté de la presse, autonomie de la justice, égalité juridique effective des citoyens sans discrimination aucune. Genève, le 22 juin 2000 Les signataires : La liste est ouverte aux signatures.
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www.algeria-watch.org
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